LES ORGUES DE LA CATHÉDRALE

SAINT-LOUIS DE VERSAILLES

LE GRAND ORGUE HISTORIQUE

L'instrument compte 46 jeux et 3248 tuyaux, sur 3 claviers de 56 notes et pédalier de 30 notes

Le buffet est classé Monument historique depuis 1906, la partie instrumentale depuis 1961.

 

Commandé en 1759 par le roi Louis XV à Louis-Alexandre CLICQUOT,

il est terminé par son fils François-Henri CLICQUOT en 1761.

Grand'Orgue et tribune forment un ensemble architectural complet et de grande beauté :

16' en montre dans le grand corps et 8' en montre dans le positif

Buffet monumental : Hauteur 12,14 m - Largeur 10,91m - Profondeur 5m

Le tout à 15m au dessus du dallage.

 

Béni la veille de la Toussaint 1761, entendu par Louis XV le 11 Juin 1762,

l'orgue accueille le 4 Mai 1789 la procession des Etats Généraux et Louis XVI.

 

Il entend le 22 juin la seconde proclamation du Serment du Jeu de Paume

et mérite donc son titre de Grand'Orgue Historique.

Il traverse indemne la période révolutionnaire en 1793, sauvé grâce à l’intelligence

du Sieur BÊCHE qui le déclare « parfait pour les cérémonies de la République ».

 

En 1802, érection du Siège de Versailles : il devient orgue de Cathédrale et accueille

en 1805 le Pape Pie VII se rendant à Paris pour « tenter » de couronner l'empereur Napoléon 1er.

 

En 1837, il accueille le Roi Louis-Philippe pour un Te Deum.

 

1810 : modifications minimes par Pierre-François DALLERY, successeur des CLICQUOT

 

1829 : Louis-Paul DALLERY pose la Bombarde 16' du clavier de Grand’orgue

et « soigne quelques rhumatismes »

 

1840 : John ABBEY, installé à deux pas de la cathédrale, pare à une insuffisance pulmonaire grave :

une soufflerie neuve remplace les 6 soufflets cunéiformes des CLICQUOT.

 

1863 : restauration complète et transformations par Aristide CAVAILLÉ-COLL qui garde,

par respect pour leur bonne santé, la majeure partie des jeux des CLICQUOT

encore en voix (soit la moitié de l'instrument d'origine qui nous est parvenue).

Installation d'une machine BARKER au clavier de Grand Orgue pour alléger le tirage des claviers accouplés.

Suppression des dessus de Récit et d’Echo pour installer un clavier

de Récit expressif complet de 8 jeux.

3 nouveaux claviers de 54 notes, pédalier de 27 notes. Nouvelles pressions.

 

1901 : relevage par Charles MUTIN, successeur de CAVAILLÉ-COLL.

 

En 1925 et 1948, l'orgue subit encore quelques interventions

qui s'avèrent malencontreuses, par Bossier, et Costa-Duval.

 

En 1969 Joseph BEUCHET-DEBIERRE est mandaté par l'Etat-propriétaire

pour une restauration qu'il ne peut achever pour cause de décès.

 

1987-1989 : pour la commémoration du Bicentenaire de la Révolution,

l'Etat confie la restauration générale à Théo HAERPFER (Manufacture Lorraine de Grandes Orgues),

réalisant le remontage des différentes parties pendant le nettoyage total de l'intérieur de la cathédrale :

retour à l'esthétique CAVAILLÉ-COLL en préservant les parties CLICQUOT intactes.

Léger tempérament inégal.

 

2018-2025 : restauration générale confiée par l'Etat

à la Manufacture MUHLEISEN de Strasbourg et Denis LACORRE de Nantes.

Cette restauration vise à retrouver plus précisément l'esthétique CAVAILLÉ-COLL.

Retour au diapason de 1863 (435Hz) et au tempérament égal.

Construction d'une seconde soufflerie pour pallier le manque d'air

suite à la réouverture des pieds de tuyaux et permettre de retrouver

les différentes pressions d’esthétique Cavaillé-Coll.

La tuyauterie des principaux 16’, 8’ et 4’ est « re-pavillonnée » comme elle devait l’être en 1863.

L’harmonisation de l’ensemble de la tuyauterie est

entièrement reprise par Denis LACORRE, spécialiste de la facture de Cavaillé-Coll.

 

 

COMPOSITION EN 2025

 

C : jeux d’origine Louis-Alexandre et François-Henri CLICQUOT (1761)

D : jeux de Louis-Paul DALLERY (1829)

CC : Aristide CAVAILLÉ-COLL (1863)

BD : Joseph BEUCHET-DEBIERRE (1969)

H : Théo HAERPFER (1989)

M : Manufacture MUHLEISEN (2025)

* jeux fonctionnant avec Appels d’Anches

 

1er clavier - POSITIF

(56 notes, sommier unique)

Montre 8' C

Bourdon 8' C

Gambe 8' M

Prestant 4' C

Quinte 2 2/3' C/CC

Doublette 2' C

Tierce 1 3/5' H

Piccolo 1' CC

Cornet V C

Plein-Jeu harmonique III-VI CC

Cromorne 8’ C

Trompette 8' BD *

Clairon 4' C *

 

2ème clavier - GRAND ORGUE

(56 notes, sommier en 4 parties à double laye)

Montre 16' C

Bourdon 16' C

Montre 8' C

Bourdon 8' C

Salicional 8' C/CC

Flûte harmonique 8' CC

Gambe 8' M

Prestant 4' C

Dulciane 4' CC

Doublette 2' C *

Cornet V C *

Fourniture V C *

Cymbale IV C *

Bombarde 16' D *

1re Trompette 8' C *

2ème Trompette 8' C *

Clairon 4' C *

 

3ème clavier - RÉCIT EXPRESSIF

(56 notes, sommier en 3 parties à double laye)

Viole de gambe 8' CC

Voix céleste 8' (56 notes) CC

Flûte harmonique 8' CC

Flûte octaviante 4' CC

Trompette 8' CC *

Basson-Hautbois 8' CC *

Voix humaine 8' C/CC *

Clairon harmonique 4' CC *

Trémolo

 

PÉDALE

(30 notes, sommier en 4 parties)

sur sommier séparé :

Bourdon 32' CC

Flûte 16' CC

sur sommier principal (avec appel d'anches) :

Flûte 8' CC *

Flûte 4' CC *

Bombarde 16' C/CC *

Basson 16' CC *

Trompette 8' C/CC *

Clairon 4’ C/CC *

 

POS/GO, RÉC/GO, Appel GO, Octaves graves générales au et sur GO

Tirasses GO, POS, RÉC, Expression RÉC (pédale), Trémolo RÉC

Appel Anches PED, GO, POS (en « aller-retour »), RÉC

Traction mécanique des registres
Traction mécanique des notes avec machine Barker au GO

 

 

VIDEOS DE CHRISTIAN OTT

(cliquer sur les liens ci-dessous)

Grand Orgue avant restauration de 2018-2025

Grand Orgue après restauration de 2018-2025

 

Organistes

 

ORGANISTE TITULAIRE : Jean-Pierre MILLIOUD

Organiste cotitulaire : Christian OTT

Organistes titulaires adjoints :

Jean-Philippe MÉSNIER, Anne-Isabelle de PARCEVAUX

Sacha DHÉNIN, Frédéric MORLOT, Francis ROUDIER

 

Maître de Chapelle : Père Amaury SARTORIUS (Chanoine)

 

Concerts avec le Grand’Orgue :

« Heures d’Orgue », essentiellement certains dimanches après-midi

de l’Avent (décembre) et du Carême (Mars)

et les lundis soirs du mois de juin dans le cadre du « Mois Molière » 

 

Messes dominicales avec orgue(s) :

Samedi 18h30 : accompagnée au Grand’Orgue

Dimanche 9h30 : Grand orgue, orgue de chœur et chorale polyphonique

Dimanche 11h : Grand orgue

Dimanche 18h30 : Grand orgue

L'ORGUE DE CHOEUR

Le premier orgue de choeur de la cathédrale fut construit en 1837 par le facteur John ABBEY,

établi à Paris puis à Versailles (rue de la Chancellerie, près de la cathédrale et du château).

 

Cet instrument avec un Prestant en façade est alors composé de 9 jeux :

6 au Grand'Orgue : Flûte, Bourdon, Prestant, Doublette, Plein Jeu, Trompette

et 3 au Récit : Flûte Ouverte, Prestant, Hautbois, et un pédalier en tirasse.

 

En 1880 est passé entre le Conseil de Fabrique de la cathédrale et Aristide CAVAILLÉ-COLL

un marché pour la construction, le transport et la pose dans le chœur

de l'église-cathédrale St-Louis de Versailles

d'un « Grand’Orgue d'accompagnement conforme aux règles de l'art

et au devis signé par ledit facteur en date du 14 Mars 1879 » ;

qui « s'oblige également à construire et poser un buffet d'orgue...

établi en bois de chêne et décoré de tuyaux de montre en étain poli et bruni »...

« Monsieur A. CAVAILLÉ-COLL s'oblige à reprendre en compte l'orgue de chœur actuel ».

 

Ce document atteste donc du remplacement total de l'orgue de John Abbey.

L’ancien orgue de John Abbey repris par Cavaillé-Coll est restauré et transformé par ce dernier

avant d’être vendu et installé en 1883 dans la cathédrale provisoire de Tunis

(qui commandera  en 1923 un grand orgue à Mutin).

À ce jour, nous ne savons pas ce qu’est devenu l’instrument de John Abbey.

 

À la Cathédrale de Versailles, l’orgue entièrement neuf installé par Aristide Cavaillé-Coll en 1880

(et inauguré le 21 août 1880) est donc un instrument de qualité exceptionnelle,

parfaitement homogène dans la grande tradition symphonique des derniers chefs d’œuvres du facteur.

 

En 1911, Charles MUTIN effectue un relevage et des modifications.

En 1940 et 1947 : deux interventions du facteur Bossier dans le style néo-classique,

ajoutant des mutations au GO (nazard et tierce) et plaçant le Plein Jeu au Récit sur un sommier posté.

En 1978, Adrien MACIET effectue un réajustement total de la mécanique de départ,

installe un nouveau pédalier de 30 notes et change le banc devenu trop étroit.

 

En 2001, une restauration par Gildas MÉNORET de Nantes : retour à l'orgue Cavaillé-Coll

(suppression des mutations du GO, restitution du Plein-Jeu romantique au GO).

 

1880 : Aristide Cavaillé-Coll

1911 : Charles Mutin

1940/47 : Jules Bossier

1978 : Adrien Maciet

2001 : Gildas Ménoret

 

II/14 (15) - traction mécanique

 

COMPOSITION

I. Grand-Orgue (56 notes)

Bourdon 16'

Montre 8'

Flûte Harmonique 8'

Bourdon 8'

Prestant 4'

Doublette 2'

Plein-Jeu III rgs

 

II. Récit expressif (56 notes)

Flûte douce 8'

Salicional 8'

Voix Céleste 8'

Flûte octaviante 4'

Basson 16'

Trompette 8'

Basson-Hautbois 8'

 

Pédale (30 notes)

Soubasse 16' (emprunt du GO)

 

14 jeux réels/15 jeux avec l’emprunt du Bourdon 16’

2 claviers manuels de 56 notes et pédalier 30 notes

 

Transmission mécanique des claviers et des jeux

Accouplement : II/I

Accouplement : II/I à l’octave grave

Tirasses : I/P - II/P

Appel + renvoi d'anches (du Récit) :

l'astucieux mécanisme permet toujours par la rotation des tirants de pré-sélectionner les jeux correspondants.

Appel Mixture GO

Appel trémolo Récit

Expression Récit

Le jeu de Soubasse n'a pas de tirant, l'appel et le renvoi se font par une cuillère.

 

 

VIDEO DE CHRISTIAN OTT A L'ORGUE DE CHOEUR

(cliquer sur le lien ci-dessous)

Lefébure-Wély : Marche en mi b majeur